Sous la contrainte : action, pouvoir et consentement, première partie : “non”

Avertissement

Cet article contient une discussion sur le viol, les stratégies visant à excuser les violeurs et à accuser les victimes. Une survivante1 qui a lu cet article avant publication a estimé que la définition du viol donnée l’avait particulièrement secouée.

Résumé

Quand nos modèles de consentement sont utilisés pour excuser les violeurs et disqualifier les analyses féministes, cela vaut la peine de s’interroger sur les limites de ces modèles. Cet article constitue la première partie d’une série d’articles examinant ces questions.

Première partie : “non” : Comprendre le consentement comme un concept binaire en fait un outil critique puissant, puisque de là dérive l’expression “non c’est non”, qui a permis et permet encore de faire évoluer dans le bon sens les mentalités et les attitudes sur la question du viol.

Néanmoins, considérer le consentement comme un concept binaire peut se révéler problématique lorsqu’il s’agit de réfléchir à ce qui peut signifier “non”, et de distinguer entre différentes formes de “oui”, données dans différents contextes.

Cette analyse peut également être utilisée pour accuser les victimes. Elle ne rend pas toujours compte des difficultés inhérentes à toute conversation (bien qu’il faille faire attention sur ce point, parce que l’argument du “malentendu” est un bouclier derrière lequel les violeurs se cachent volontiers.) En outre, considérer que “non veut toujours dire non” semble suggérer que nous devrions accepter que réciproquement “oui veut toujours dire oui” ; cette analyse peut poser problème lorsqu’on en vient aux subtilités d’une analyse féministe radicale globale de la culture du viol.

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